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Le Pont, par Marilyne, agente d'intégration en emploi

13 janv. 2023, Chronique sur l’emploi

Le PONT, la force des femmes en emploi, organisme situé à Trois-Rivières, contribue à l’intégration des femmes au marché du travail, ainsi qu’à leur retour et leur maintien en emploi dans tous les secteurs traditionnels ou non.

Le PONT est membre du CIAFT, conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail, qui regroupe seize organismes en employabilité féminin. Ces services sont 100 % gratuits. Ils aident les femmes à refaire leur CV, l’aide à la recherche d’emploi, l’orientation et le développement personnel. Le PONT est membre de la Table de Concertation du mouvement des femmes de la Mauricie, regroupement régional féministe de défense collective des droits[1]. Grâce à son approche globale et personnalisée, son expertise multidisciplinaire, et sa capacité d’accompagnement personnalisé, le PONT est la référence en intégration et maintien des femmes en emploi pour toute la Mauricie.

Le PONT est également membre du CA du Centre de formation professionnel Qualitech. En effet, il croit en la place des femmes dans tous les domaines. Chaque année, la bourse Qualitech le PONT, dédiée à une femme qui étudie dans un domaine majoritairement masculin est offerte. « Depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur l’équité salariale en 1997, l’écart salarial est de 16 % pour les travailleuses non syndiquées »[2]. L’écart salarial est également influencé par le secteur d’activité. « Les femmes gagnent en moyenne 2,83 $ de moins par heure que les hommes »[3]. Saviez-vous qu’au Québec, 57 % des travailleuses se concentrent dans 10 professions sur les 520 répertoriées. Seulement 19 % des femmes travaillent dans un métier que l’on dit majoritairement masculin, comme la construction, l’ingénierie et l’informatique.

Ces chiffres démontrent que les tendances quant aux traditions se maintiennent. Voilà quelques constats : « Lorsque nous présentons le métier de plombier à une femme, elle aura souvent le réflexe de mentionner la présence d’excréments ainsi que de la force physique nécessaire comme obstacle à l’emploi ». Pourtant, être préposé au bénéficiaire, métier majoritairement féminin, comporte les mêmes obstacles. Toutefois, la différence salariale entre ces deux métiers est énorme. Le choix d’un métier dépend encore grandement d’une question de traditions et de culture. C’est pour cette raison que le PONT organise des journées exploratoires avec des groupes de femmes afin de leur faire découvrir des métiers non traditionnels comme ceux de soudeuse, mécanicienne, ouvrière agricole, électricienne, etc. D’ailleurs, la formation de plusieurs métiers de la construction et majoritairement masculin bénéficient d’un incitatif financier (le projet COUD)[4].

Une chose est de placer une femme en emploi, encore faut-il la supporter face aux enjeux qu’elle rencontrera en tant que femme dans un métier majoritairement masculin. Le PONT offre maintenant un programme de maintien en emploi, qui se traduit par des rencontres régulières avec une conseillère en emploi afin de discuter des défis reliés au travail. Il peut s’agir de conciliation travail et rôles de vie, d’organisation d’horaire, du sentiment de reconnaissance à sa juste valeur et bien plus encore. Soutenue au PONT, nous croyons que les femmes peuvent faire leur place dans tous les domaines, d’où le slogan : La force des femmes en emploi !

On parle de pénurie de main d’œuvre au Québec, mais qu’en est-t-il de la place de la femme issue de l’immigration sur le marché de l’emploi ? Marilyne Blais, agente d’intégration en emploi au PONT, constate qu’une femme québécoise aura un taux de réponse 90 % plus élevé pour une entrevue d’embauche, à compétences et curriculum vitae équivalent. « Les immigrants arrivés depuis moins de 5 ans gagnent 88 % du salaire horaire des personnes nées au Canada »[5]. « En 2012, 53,9 % des immigrants étaient surqualifiés pour leur emploi et pourtant, payé quasiment au salaire minimum, malgré des diplômes et des études supérieures. En 2012, le taux de chômage des immigrants issus de minorité visible était de 12,6% comparativement à 8,5 % pour les immigrants n’appartenant pas à une minorité visible, et de 3,1 % pour les natifs du Canada »[6]. L’accompagnement d’un organisme en employabilité comme le PONT peut contribuer à contrer cette discrimination. Le PONT adapte leur curriculum vitae au modèle québécois, leur offre des simulations d’entrevue et parfois, contacte les employeurs pour leur décrocher des entrevues.

Pour 2023, le PONT souhaite que l’égalité, la diversité et l’inclusion soient misent de l’avant afin que toute femme, qu’importe ses origines, puisse trouver sa place en emploi.

Par Marilyne Blais, agente d’intégration en emploi

[1] https://tcmfm.ca/

[2] https://ciaft.wpcomstaging.com/loi-sur-lequite-salariale-25-ans-plus-tard-toujours-pas-dequite-pour-les-non-syndiquees/

[3] https://statistique.quebec.ca/fr/communique/avis-diffusion-portrait-ecarts-salariaux-entre-femmes-hommes-formation-universitaire

[4] https://www.cpmt.gouv.qc.ca/promoteurs-de-projets-de-formation/programmes-daide-financiere/formations-de-courte-duree-coud/

[5] https://www.ledevoir.com/opinion/idees/600270/idees-la-parite-en-emploi-n-est-pas-encore-acquise-pour-les-immigrants

[6] https://revuepossibles.ojs.umontreal.ca/index.php/revuepossibles/article/view/478